
Publié le 6 sept. 2020 à 10:58Mis à jour le 6 sept. 2020 à 12:37
Alors qu'il y a encore peu de temps, jusqu'en interne du constructeur automobile français qui vient d'afficher des pertes trimestrielles historiques, nombreux étaient ceux qui doutaient de la pérennité de cette marque de voiture de sport relancée en 2018 mais ne vendant que 4 à 5.000 unités par an, l'ancien patron de Seat adresse un message fort. Il confirme tout d'abord au monde de la F1 que l'engagement du groupe Renault s'inscrit dans la durée de ce sport. Au moment où il vient d'annoncer qu'il allait également réorganiser le groupe autour de quatre marques - Dacia, Renault, nouvelles mobilités et Alpine - il conforte aussi la position de cette marque de niche dont l'avenir dépend de sa capacité à croître.
En faisant d'Alpine la nouvelle signature sportive du constructeur français, il assure plus de visibilité à une marque jusque-là surtout connue du public français. Transmises dans le monde entier, les courses de F1 devraient contribuer à la promotion de cette petite sportive reconnue pour son rapport « poids-puissance ». Pour transformer cette notoriété potentielle en succès commercial et économique, Cyril Abiteboul, l'actuel directeur général de Renault en F1 qui chapeautera en même temps l'écurie sportive et la marque, devra à la fois briller davantage que cette année sur les circuits et ensuite repenser la gamme et la commercialisation de cette marque de niche.
Monter en gamme
Ne disposant pour l'instant que d'un seul modèle - l'A110 - et vendu essentiellement en France et en Allemagne, Alpine doit pour atteindre la taille critique conquérir un nouveau public plus international. Refusant de s'engager pour l'instant sur une éventuelle extension de la gamme, Luca de Meo rappelle que Porsche a longtemps réussi en ne s'appuyant que sur un seul type de voitures avant d'aller vers les SUV avec le lancement du Cayenne au début des années 2000.
Considéré comme l'auteur du succès de la relance de la Fiat 500 lorsqu'il était chez Fiat, le manager italien qui a pris les commandes de Renault le 1er juillet remarque aussi que la notoriété sportive d'Alpine pourrait, comme les modèles badgés Abarth chez le constructeur transalpin, servir de déclinaison sportive pour des véhicules de la marque Renault. Comme il existe des Mégane ou Clio RS (Renault Sport), il existera peut-être demain des Mégane Alpine.
Volumes et valeur
Soucieux de rompre avec la stratégie « volumes » des dernières années en faveur d'une stratégie plus axée sur la valeur, Luca de Meo estime qu'il est essentiel que le groupe tricolore monte en gamme et l'axe des véhicules sportifs offre des perspectives intéressantes. En 2021 Alpine cherchera à briller sur les circuits aux côtés de noms aussi prestigieux que Mercedes, Ferrari, Alfa-Roméo ou Aston Martin. Comme toujours dans le sport, la partie n'est jamais gagnée d'avance, mais Renault, qui a su s'imposer dans le passé en Formule 1, fait tout de même partie des écuries historiques et des très rares équipes produisant à la fois un moteur et un châssis.
September 06, 2020 at 03:58PM
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Renault : Luca de Meo donne une nouvelle chance à Alpine - Les Échos
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